Les Ashantis (ou Asante[1]) forment l'un des groupes ethniques[2] de l'ensemble Akan au Ghana.
Ils parlent twi qui est un dialecte Akan[3] appartenant au groupe des langues Kwa.
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La fédération Ashanti se développe au XIIIe siècle. La capitale est Koumassi[4]. Au XIXe siècle, cette civilisation atteint son apogée et occupe près de 70% du Ghana actuel. La civilisation Ashanti a été la plus grande de tous les états Akans et la plus longue dans le temps. Noyau du clan Oyoko, Asantemanso demeure leur lieu d'origine[5].
L'ensemble du monde Akan s'étend aussi en Côte d'Ivoire où il comprend les ethnies Nzima, Agni, Baoulé, Allandian, Adjoukrou, Ébrié, Abouré, Fanti, Avikam, Laouien, Abron, etc.
Les Ashantis étaient très divisés et vivaient en petits groupes qui vont former des villes-états vassaux de l'empire Denkyria. Les Oyokos vont devenir dominants et s'imposer[6]. Osei Tutu sera le premier roi à unifier ces groupes. L'empire était tout d'abord continental puis l'année 1806 marque le début de la conquête de la région côtière. Les anglais finiront par annexer le Ghana, ce sera la fin de l'empire Ashanti[4].
Les Hollandais favorisèrent les Denkyrias en leur fournissant des armes (même des canons, ce qui était très rare de la part des européens). Malgré cette aide, les Ashantis réussirent à vaincre les Denkyrias en 1701. Automatiquement, les Hollandais changèrent de camp en dépéchant un ambassadeur Van Nyendael avec plein de cadeaux afin de leur assurer leur considération. Mais les Hollandais n'arrivaient pas à fournir des biens dont les Ashantis étaient très friands : les armes et la poudre. Leurs tactiques restaient donc assez affaiblies[7].
Les Fantes avaient commencé à soumettre la côte devenant des intermédiaires très intéressés entre les Ashantis et les puissances coloniales. Les Ashantis devenaient une menace pour les européens car ils avaient pu réunir le nord en une puissante fédération. Rappelons que les Ashantis avaient une domination sur les échanges entre les territoires où l'on trouvait de l'or et le royaume Songhay. Les Ashantis avaient donc un intérêt pour la conquête des côtes mais ils se heurtèrent aux Fantes pendant près d'un siècle.
Les Anglais et Hollandais souhaitaient la paix entre les peuples de la côte et ceux de l'intérieur (Ashantis) pour pouvoir commercer tranquillement. Pourtant il existait des luttes d'influence des puissances coloniales. Ainsi les Ashantis qui avaient les faveurs des Hollandais (Compagnie des Indes Occidentales) se livraient à des guerres avec les Fantes qui avaient des alliances avec les Anglais. Le 14 avril 1727, les anglais subirent au fort Secondi les assauts des Ashantis. Mais en réalité, ils voulaient conserver la présence des Anglais pour faire jouer la concurrence. Les assauts étaient surtout des démonstrations de puissance.
La guerre était surtout menée contre les Fantes qui étaient les intermédiaires de la côte. Les Ashantis menèrent pendant deux ans encore une guerre contre les Fantes, ce qui paralysa le commerce. Les anglais avaient essayé de ramener la paix en donnant des cadeaux. En août 1729, un accord semblait même trouvé. Mais un an plus tard, la guerre reprit de plus belle. Les Fantes ne pouvaient être utilisés en permanence comme médiateurs par les Anglais car il ne fallait pas trop leur donner d'importance et ne pas froisser les Ashantis.
Les Fantes ont pu résister pendant un long moment contre les Ashantis grâce à l'appui des Anglais et ont pu ainsi se maintenir sur la côte mais à un moment donné, les européens se désintéressèrent de la côte et c'est à ce moment que les Ashantis s'emparèrent d'une partie en 1806. Mais la traite négrière commença à connaître un déclin à cette date pour être remplacée par le commerce de l'huile de palme[8].
Les Ashanti sont régis traditionnellement par un roi appelé Asantehene. Les chefs des peuples vassalisés continuent à s'occupper de la politique locale tandis que l'Asantehene s'occupe de la politique extérieure. Tous ces chefs sont au même niveau que les chefs Ashantis. Un impôt annuel est levé pour payer l'armée qui maintient l'unité : dès qu'un chef local tente de se rebeller, l'armée intervient.
Les guerres des Ashantis n'avaient pas pour unique but d'obtenir des milliers d'esclaves afin d'en tirer profit en les vendant aux forts européens de la côte. Les captifs étaient nécessaires à l'empire Ashanti pour la production de l'or et en limite de l'empire pour son ravitaillement avec le nord. Ceux qui étaient vendus aux européens contre de la poudre et des fusils, étaient ceux dont les Ashantis n'avaient pas besoin. C'était un troc (et non un marchandage afin de s'enrichir) pour obtenir des armes qui pouvaient aider les Ashantis à se renforcer dans leurs guerres incessantes afin de maintenir l'unité de la fédération ou les conquêtes des territoires voisins[10].
Les bâtiments traditionnels Ashantis sont classés au patrimoine mondial.
De nombreux peuples dans le monde ont hérité de la culture Fante-Ashanti notamment la communauté noire en amérique du nord dans les îles Gullah de Virginie ou dans les Guyannes Hollandaises et Françaises[11].
Les prêtres Ashantis sont presque divinisés et en permanence en connexion avec l'au-delà dont ils peuvent instantanément décrypter les messages divins[12].
Les Ashantis croient qu'il existe sept âmes qui correspondent à chaque jour de la semaine. Ainsi, on donne le nom du jour de la semaine au bébé qui vient de naître[13].
Au point de vue de la réincarnation, l'âme repart vers le Créateur tandis que le principe masculin réside chez les ancêtres et c'est le lien par le « sang » qui est transmis par le ventre de la mère. Un enfant peut devenir une personne identique sans vraiment l'être par rapport à un défunt (souvent l'enfant porte le nom et prénom du défunt)[14].