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Mani Ratnam est un réalisateur, scénariste et producteur indien, né le 2 juin 1956 à Madurai (Tamil Nadu). Reconnu des critiques et du public, sa façon de filmer et le choix de ses sujets ont notablement influencé le cinéma indien[1].
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Bien qu'issu d'une famille évoluant dans le milieu du cinéma, son père Venus Gopal Ratnam est distributeur et son frère, G. Venkateshwaran, est producteur, Mani Ratnam fait des études de management à l'institut Jamnalal Bajajet et commence une carrière de consultant[2]. Mais en 1983 il décide de se tourner vers le cinéma. Sans avoir fait d'étude dans ce domaine, ni avoir jamais été assistant sur aucun film, sa force de conviction lui permet de persuader Balu Mahendra, chef opérateur de renom, de travailler pour lui sur sa première réalisation[3] Pallavi Anu Pallavi dans laquelle Anil Kapoor interprète son premier rôle important. Le film n'a pas un grand succès public mais, remarqué des critiques, il permet à Mani Ratnam de continuer à travailler, au Kerala d'abord (Unaroo, 1984), puis au Tamil Nadu (Pagal Nilavu, 1985 ; Idaya Kovil, 1985).
En 1986, avec Mouna Ragam, histoire d'une jeune femme mariée hantée par le souvenir de son amour passé, il rencontre enfin le succès. La bande originale composée par Ilaiyaraja y contribue largement. Il confirme cette première réussite dès l'année suivante avec Nayakan qui rafle de nombreuses récompenses et représente l'Inde aux Oscars. Basé sur la vie de Varadarajan Mudaliar, parrain bombaiyote, il inspirera de nombreux réalisateurs, tel Ram Gopal Varma (Sarkar, 2005)[4].
Dès lors la carrière de Mani Ratnam est lancée ; il alterne les succès et les échecs au box office, élargissant les thèmes abordés à la politique avec la trilogie sur le terrorisme (Roja, 1992 ; Bombay, 1995 ; Dil Se, 1998) et des films biographiques (Iruvar, 1997 ; Yuva / Aayitha Ezhuthu, 2004 ; Guru, 2007) ou revenant à des films plus intimistes (Alaipayuthey, 2000).
A la suite de Bombay (1995) qui dénonce le sectarisme religieux, il est victime d'une tentative d'attentat. Encore actuellement sur la "liste noire" de groupes terroristes, il fait l'objet d'une protection policière[5].
En 1993 Mani Ratnam fonde une première maison de production Aalayam Production qui sera suivie par Madras Talkies en 1995.
Il est marié à l'actrice et réalisatrice (Indira) Suhasini, nièce de l'acteur Kamal Haasan, avec laquelle il a un fils, Nandan.
| Année | Titre | Langue | Fonction(s) | |
| 1983 | Pallavi Anu Pallavi | Kannada | Réalisateur, scénariste | |
| 1985 | Unaru | Malayalam | Réalisateur | |
| 1985 | Pagal Nilavu | Tamil | Réalisateur, scénariste | |
| 1985 | Idaya Kovil | Tamil | Réalisateur | |
| 1986 | Mouna Raagam | Tamil | Réalisateur, scénariste | |
| 1987 | Nayagan | Tamil | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 1988 | Agni Natchathiram | Tamil | Réalisateur, scénariste | |
| 1989 | Geethanjali | Telugu | Réalisateur, scénariste | |
| 1990 | Anjali | Tamil | Réalisateur, scénariste | |
| 1991 | Thalapathi | Tamil | Réalisateur, scénariste | |
| 1992 | Roja | Tamil | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 1993 | Thiruda Thiruda | Tamil | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 1993 | Gaayam | Telugu | Scénariste | |
| 1995 | Bombay | Tamil | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 1995 | Aasai | Tamil | Producteur | |
| 1996 | Indira | Tamil | Scénariste et producteur | |
| 1997 | Iruvar | Tamil | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 1997 | Nerukku Ner | Tamil | Producteur | |
| 1998 | Dil Se | Hindi | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 2000 | Alaipayuthey | Tamil | Réalisateur, scénariste | |
| 2001 | Dum Dum Dum | Tamil | Producteur | |
| 2002 | Kannathil Muthamittal | Tamil | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 2002 | Saathiya | Hindi | Scénariste et producteur | |
| 2004 | Aayitha Ezhuthu | Tamil | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 2004 | Yuva | Hindi | Réalisateur, scénariste et producteur | |
| 2007 | Guru (film) | Hindi | Réalisateur, procducteur | |
| 2009 | Ashokavanam | Tamil | Réalisateur | |
| 2009 | Ravana | Hindi | Réalisateur |
Mani Ratnam a largement contribué a faire évoluer le cinéma du Tamil Nadu et de l'Andhra Pradesh, longtemps dévolu aux films religieux et mythologiques[4]. Il a trouvé une tonalité particulière, différente de celle du cinéma hindi du Nord, de plus en plus influencé par les productions occidentales et du cinéma bengali, souvent qualifié d'intellectuel. Cette « troisième voie », à mi-chemin entre le cinéma commercial et le cinéma d'auteur, est un équilibre entre le respect des conventions du genre commercial -histoires d'amour et chansons chorégraphiées- et l'introduction de sujets en prise avec la société indienne contemporaine, associés à une exigence de qualité dans la réalisation[6].
En 2002, Mani Ratnam déclare : « En tant que réalisateur, j'ai une responsabilité vis à vis de la société, et j'essaie d'évoquer les problèmes actuels à ma façon ». Cette volonté d'être en prise avec son temps se traduit dans les thématiques[4] qu'il aborde :
Mani Ratnam revendique clairement de réaliser des films commerciaux : « Je fais des films commerciaux. Je ne pense pas que commercial soit une injure »[8]. Ses films respectent donc les conventions du genre et comportent des chansons chorégraphiées et des histoires d'amour. Cependant pour atteindre le réalisme séducteur[7] qui les caractérise, le réalisateur travaille toujours avec un soucis de qualité et de renouveau.
Mani Ratnam porte une grande attention aux aspects techniques de la réalisation et consacre beaucoup de temps à la postproduction : montage, postsynchronisation. Il a toujours su s'entourer des meilleurs techniciens que ce soient les chefs opérateurs ou les décorateurs.
Mani Ratnam est un directeur d'acteurs de talent. Exigeant[15], il obtient le meilleur des comédiens. Convaincus de l'importance pour leur carrière d'un rôle avec le réalisateur tamoul, les plus grands ont travaillé avec lui : Rajinikanth, Kamal Haasan, Shahrukh Khan. C'est également un découvreur de talent, il a offert leur premier rôle à Aishwarya Rai, Preity Zinta, Arvind Swamy, Anil Kapoor (1er rôle important) et a révélé dans Yuva les potentialités d'Abhishek Bachchan qui peinait à émerger depuis plusieurs années[16].
Nous ne répertorions ici que les récompenses obtenues pour le meilleur film ou la meilleure réalisations. Les autres distinctions (meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure musique, meilleure photographie...) sont détaillées dans les fiches des films.
National Film Awards 1987 : Meilleur film tamoul
National Film Awards 1991 : Meilleur film tamoul
Filmfare Awards (India) 1992 : Meilleur réalisateur tamoul
Filmfare Awards (India) 1992 : Meilleur film tamoul
National Film Awards 1993 : Prix Nargis Dutt de l'intégration nationale
Filmfare Awards (India) 1995 : Meilleur film
National Film Awards 1996 : Prix Nargis Dutt de l'intégration nationale
Filmfare Awards (India) 1997 : Meilleur film tamoul
National Film Awards (India) 2002 : Meilleur film tamoul
Filmfare Awards 2002 : Meilleur réalisateur tamoul
Filmfare Awards (India) 2004 : Meilleur scénario
Political Film Industry Society (USA) 1996 : Prix spécial
Festival du film de Belgrade 1997 : Meilleur film d'auteur
Festival international du film de Berlin (Berlinale) : Netpac Award, mention spéciale
Jerusalem Film Festival 2003 : In Spirit for Freedom Award
Los Angeles Indian Film Festival (USA) 2003 : Prix du public du meilleur film
Film Fest New Haven (USA) 2004 : Special Award (Achievement Award) ; Prix du jury (International) ; Prix du public (International)
Westchester Film Festival (USA) 2004 : Meilleur film étranger
Zimbabwe International Film Festival 2003 : Prix de la meilleure photographie
RiverRun International Film Festival (USA) 2004 : Prix public du meilleur long métrage