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L’or est un élément chimique de symbole Au et de numéro atomique 79.
C’est un métal de transition, jaune brillant, très ductile, malléable et considéré comme précieux ; l’or se trouve à l’état natif sous forme de pépites ou d’alluvions fluviaux. Il est le deuxième métal connu par l’Homme après le cuivre et est employé depuis le Ve millénaire av. J.-C.
L’art du travail de l’or est l’orfèvrerie.
Sommaire |
Le nom de l’or vient du latin aus, aurum, qui a donné l'adjectif aurifère, dans les anciens textes français, on le trouve parfois sous l'acception « Aur » ; germ. gold, geld, gyld.
En grec ancien, or se dit χρῡσός (chrysos) : une statue d'or et d'ivoire est dite chryséléphantine ; de même chrysanthème se traduit par « fleur d'or ».
L'Homme utilise l'or depuis le Chalcolithique, à la fin de la Préhistoire. il est le deuxième métal connu après le cuivre. Le plus vieil objet en or a été mis au jour dans la nécropole de Varna. Il est daté du milieu du Ve millénaire av. J.-C.[1].
C'est durant l'Antiquité, au VIe siècle av. J.-C., en Perse, que Cyrus II aurait frappé une monnaie en or pour la première fois. L'usage se répandit ensuite en Grèce, puis dans l'ensemble du monde antique durant la période hellénistique à côté des monnaies d'argent, de moindre valeur.
Au début du IIe siècle, vainqueur des Daces, Trajan rapporte à Rome un butin faramineux : 165 tonnes d'or et 300 tonnes d'argent. On parle alors de l'« or des Daces ».
Les Romains instaurèrent le monométallisme or avec Constantin Ier (début du IVe siècle). Ce sont les conquêtes sassanides, puis arabes qui mirent fin à l'importance de l'or en Occident, en provoquant sa pénurie durant tout le haut Moyen Âge. La diffusion de l'or dans le monde occidental connut un renouveau d'abord en Méditerranée au XIe siècle, puis au XIIIe siècle.
Les taxes de compensation dans les codes germaniques étaient appelées wergeld. Les Vikings soumirent les États attaqués à un tribut appelé danegeld : « or des Danois ».
Au Moyen Âge, les alchimistes tentèrent de fabriquer de l'or à partir d'autres substances comme le plomb. Ils pensaient obtenir ce résultat en utilisant la mythique pierre philosophale. Aujourd'hui on a réussi à fabriquer de l'or à partir d'autres métaux dans des accélérateurs de particule, mais le coût de production est plus élevé que le prix de l'or, cette méthode a donc été abandonnée. En alchimie, le symbole de l'or est un point entouré d'un cercle.
La recherche d'or constitua l'une des raisons de la conquête du continent américain. Ainsi, Hernán Cortés entreprit la conquête de l'empire aztèque, situé au Mexique notamment pour accaparer l'or que possédait l'empereur aztèque. Hernán Cortés envoya une grande quantité de ce précieux métal à Charles Quint, roi d'Espagne, dont une partie sous forme de bijoux, mais la plupart furent fondus pour financer les guerres menées par l'Espagne. Les conquistadors devaient prélever le quinto real (c'est-à-dire un cinquième de l'or récupéré) et l'envoyer à Charles Quint. L'or affluant depuis les mines du Nouveau Monde provoqua la richesse de l'Espagne et du Portugal au début de la période moderne, avant de profiter aux autres États européens qui surent mieux le capter, tels la France et la Grande-Bretagne. À la même époque se diffuse la légende de l'Eldorado.
Au XIXe siècle, une ruée vers l'or se déclare en Californie et contribue pour une part à la conquête de l'Ouest américain et à la croissance démographique et économique de nombreuses villes californienne, dont San Francisco[2]. Les cités minières construites en des endroits trop reculés furent abandonnées dès que le filon à l'origine de leur richesse vint à se tarir. Ces cités sont aujourd'hui ce qu'on appelle des cités fantômes, vides de population, mais dont les murs tiennent parfois encore debout, préservés par l'aridité du climat local. Les États-Unis restent le deuxième pays producteur d'or dans le monde en 2004.[réf. souhaitée]
L'or a servi d'étalon (étalon-or), puis après les accords de Bretton Woods, en 1944, d'étalon de change (Gold Exchange Standard) entre les différents pays du monde jusque dans les années 1970 : en 1971, les États-Unis suspendirent la convertibilité du dollar en or et en 1976, les accords de la Jamaïque contractés par les pays du FMI supprimèrent l'étalon de change or.
Aujourd'hui, la plus grande réserve d'or mondiale se trouve aux États-Unis, il s'agit de la réserve fédérale de New York, pourtant moins célèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky. En 1995, les réserves d'or dans les banques du monde entier se montaient à environ 910 millions d'onces ce qui représente un cube proche de 12 mètres d'arête.
Les sports modernes, enfin, utilisent l'or comme récompense suprême lors des différentes compétitions : médailles d'or aux Jeux olympiques, Ballons d'or en football.
La couleur de base de l'or est jaune à reflets complexes que l'on connaît naturellement comme doré dans la langue française.
Par transparence au travers d'une feuille très fine, l'or apparaît vert.
L'or est un métal noble, ce qui le rend quasiment inaltérable, son état d'oxydation le plus commun est donc (0). Cependant, il peut former plusieurs composés, son nombre d'oxydation pouvant varier de (-I) à (+V) ; Au(I) et Au(III) sont majoritaires. Toutefois, sa relative inertie chimique le protège des attaques de l'oxygène : l'or métallique ne se ternit pas et ne forme pas d'oxyde, à quelque température que ce soit ; et il résiste également à l'action de nombreux produits chimiques, dont la plupart des acides (seuls le cyanure et le mélange d'acides appelé eau Régale peuvent le dissoudre).
L'ion aureux Au(I) se rencontre sur des ligands doux tels que les thioéthers, les thiolates ou les phosphines tertiaires. Ses composés sont généralement linéaires.
Lors du traitement des sables aurifères par cyanuration, l'or est solubilisé sous forme du complexe dicyanoaurate Au(CN)2–, dans lequel se retrouve Au(I). Le dicyanoaurate de potassium est un sel incolore, soluble dans l'eau et très toxique.
Curieusement, les complexes aqueux de l'ion aureux sont rares. Les halogénures d'or binaires, comme AuCl, forment des chaînes polymères en zigzag, de nouveau propre à la coordination linéaire de Au(I). La plupart des médicaments à base d'or sont des dérivés de l'ion monovalent Au(I).
L'autre forme courante de l'or oxydé est l'ion aurique Au(III). Il entre, par exemple, dans la composition du chlorure d'or (III), AuCl3. Son dérivé est l'acide chloroaurique, HAuCl4, qui se forme quand l'or se dissout dans l'eau régale. Les complexes auriques sont typiquement configurés en carré plat, comme la plupart des composés avec une orbitale d8.
Fondu avec du césium, l'or forme de l'aurure de césium CsAu qui n'est pas un alliage, mais un composé ionique. L'atome d'or Au forme alors un ion négatif monochargé. Les propriétés de l'aurure sont similaires à celles d'un halogénure. Par exemple, CsAu cristallise dans le motif du chlorure de césium. Parmi les autres aurures, on compte ceux de rubidium, de potassium et de tétraméthylammonium (CH3)4N+.
Les composés de l'or (II) sont généralement diamagnétiques et présentent des liaisons Au-Au. C'est le cas dans [Au(CH2)2P(C6H5)2Cl2. Un remarquable complexe de Au(II) contient le xénon comme ligand : [AuXe4](Sb2F11)2.
Le pentaflurorure d'or l'unique exemple d'Au(V), l'état d'oxydation le plus haut rencontré jusque ici.
Dans quelques composés de l'or apparaissent des liaisons aurophiles[3], qui décrivent l'interaction réciproque d'ions or à une distance trop longue pour constituer une liaison Au-Au covalente, mais plus courte que pour les forces de Van der Waals. La liaison aurophile est comparable à une liaison hydrogène en termes de force.
L'or de joaillerie, c’est-à-dire mélangé à un ou plusieurs autres métaux pour augmenter sa rigidité, peut présenter des teintes blanches (or blanc) ou rouges (or rouge) selon le type d'alliage qui le constitue (argent, cuivre). La teneur officielle et minimum en or pur est obligatoirement de 750/1000 - i.e. à 18-carat. Faute de quoi, l'appellation « OR » est interdite.[réf. souhaitée] Ceci-dit, ce standard varie selon les pays, les Etats-Unis ou la Grèce utilisant l'or dit à 14-carat, contenant 585/1000 d'or.
Le terme « or blanc » est souvent utilisé pour désigner l'or gris en bijouterie. En France et en Europe le nickel est maintenant interdit, car source d'allergies. L'or « blanc » est donc recouvert d'une fine couche de rhodium, qui disparaît avec le temps, redonnant une couleur gris-jaune à l'or.
Pour la dorure à la feuille, l'alliage doit rester le plus mou possible.
Chaque batteur d'or a ses alliages propres qui s'écartent légèrement de ces standards.
Les atomes d'or sont empilés selon une structure dite « cubique à faces centrées » (CFC). Cette structure cristalline présente beaucoup de plans cristallographiques denses. Or, la déformation plastique se fait par glissement des plans denses les uns sur les autres (comme les cartes à jouer d'un paquet). De manière générale, tous les cristaux cubiques à faces centrées sont ductiles (le plomb, l'aluminium…).
L'or pur se déforme facilement à froid, par martelage ou par étirement (tréfilage, laminage), il se cisèle aisément. Il a de ce fait été utilisé très tôt pour fabriquer des bijoux et ornements, ou sous forme de fines feuilles pour plaquer des objets. Par exemple, à Paris, le dôme des Invalides est doré à la feuille d'or. En revanche, n'ayant qu'une faible tenue mécanique, il n'a pas été utilisé pour faire des outils.
L'or est un excellent conducteur thermique et électrique, mais son coût (lié à sa rareté) limite ses utilisations.
En raison de cette caractéristique, de son inaltérabilité et de sa grande ductilité, il est utilisé pour réaliser des connexions, notamment dans certains composants électroniques, comme les microprocesseurs.
L'or est également utilisé allié avec du fer dans des thermocouples pour la mesure de températures inférieures à la température ambiante.
L'extraction de l'or est découpée en plusieurs phases :
L'orpaillage est l'exploitation de gisements alluvionnaires, issus du dépôt de particules d'or dans le lit des cours d'eau.
L'or forme un amalgame avec le mercure, ce qui en permet l'extraction de sa gangue minérale. L'utilisation de mercure pour amalgamer l'or peut avoir de graves conséquences écologiques et sanitaires.
Se dit aussi Orbattage.
Le battage d'or est la réduction d'or ou d'alliages d'or en feuilles très fines (1/10 µm). Le batteur d'or utilise un alliage au cuivre (pour durcir légèrement le métal) et à l'argent (pour revenir à la couleur originelle) à 980 ‰ d'or.
Les batteurs d'or à la Révolution travaillaient dans une centaine de manufactures qui employaient près de cinq mille personnes. Aujourd'hui, il n'existe plus en France qu'une seule manufacture, la maison Dauvet fondée en 1834 qui emploie une vingtaine de personnes.
Le minerai est tout d’abord concassé et broyé, passé dans une unité de flottation fournissant un concentré et des résidus mis en terril (haldes) contenant de l’or et d’autres métaux..[4]
Le traitement du concentré est effectué par cyanuration qui consiste à dissoudre le minerai dans une solution de cyanures alcalins.
On estime que depuis que l'Homme s'y est intéressé, 145 000 tonnes d'or ont été extraites d'après le World Gold Council en 2001. Aujourd'hui, on extrait environ 2 500 tonnes d'or par an. Les principaux pays producteurs sont :
| Production | Réserves minières | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Chiffres U.S Geological Survey 2001, en tonnes | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
L'Inde est le premier détenteur du monde, en tant que part importante des patrimoines privés sous forme de bijoux.
L'ensemble des ordinateurs usagés aux États-Unis représente un gisement de 2 Mt de minerai d'or.
Les banques centrales possèdent une part importante du stock d'or mondial :
| Banque centrale | 1948 | 2004 |
|---|---|---|
| Réserve fédérale des États-Unis | 21 700 | 8 100 |
| Banque d'Angleterre | 1 400 | 312 |
| Banque nationale suisse | 1 200 | 1 350 |
| Banque de France | 487 | 3 200 |
| Banque du Japon | 765 | |
| Bundesbank | 0 | 3 400 |
| Banque populaire de Chine | 600 | |
| Banque centrale de Chine | 420 | |
| Banque centrale de Russie | ~ 400 | |
| Inde | ~ 350 | |
| Venezuela | ~ 350 | |
| Banque du Liban | 286 | |
| Ensemble de l'Union européenne | 12 700 | |
| Banque des règlements internationaux | 208 | |
| Total banques centrales mondiales | 30 200 | 31 400 |
| Chiffres du Conseil mondial de l'Or 2004, en tonnes | ||
L'industrie de l'or se sépare en quatre grandes catégories. La bijouterie consomme environ un tiers de la production. Les banques achètent de l'or en compensation des émissions de monnaie (environ un tiers de la production mondiale). Les particuliers achètent un quart de la production mondiale sous forme de pièces et de lingots. Le restant (à peu près 10 %) est utilisé dans l'industrie, notamment dans la dorure.
Par rapport à la plupart des autres marchandises, la particularité du marché de l'or est que les stocks de cette matière inaltérable, accumulés au fil de l'histoire chez les particuliers et différents organismes (banques centrales…), sont estimés à environ 50 fois la production annuelle mondiale.
L'or est coté, sous forme physique, à la bourse de Londres et, sous forme de contrats à terme, à New York. Les cours mondiaux sont fixés en dollars américains par once d'or. En dehors de ces marchés organisés, qui traitent des grosses quantités, il existe des entreprises de négoce de l'or et de métaux précieux ouvertes aux particuliers et aux divers transformateurs et utilisateurs.
Les cours sont particulièrement fluctuants et soumis à divers facteurs : évolution des stocks d'or des banques centrales, demandes d'orfèvrerie, notamment en Inde et en Chine, demande industrielle (électronique…), coûts et volumes de production, état des réserves minières, valeur refuge, ou achats et ventes spéculatives en fonction des incertitudes monétaires. Une partie du marché est opaque, en raison d'un orpaillage illégal qui s'est fortement développé à la fin du XXe siècle en Amérique du Sud.
Les actions des grands groupes aurifères sont cotées essentiellement à Londres, New York, Toronto, Johannesbourg et Sydney.
À la fin du XIXe siècle, dans une période de stabilité monétaire dominée par la livre sterling avec une parité fixe des principales monnaies, l'or sert d'étalon monétaire. Chaque banque centrale doit pouvoir fournir aux porteurs qui le désirent l'équivalent en or de leurs liquidités. Cette période prend fin avec la guerre de 1914. S'ensuit une période d’instabilité des taux de change qui culminera avec les difficultés de la crise de 1929.
Le système mis en place par les accords de Bretton Woods du 22 juillet 1944 est une nouvelle tentative pour stabiliser les taux de change, basée sur une parité fixe du dollar par rapport à l'or. Cette parité sera mise à mal par les marchés dès les années 1960 et les États-Unis abandonnent la parité fixe du dollar en 1971.
Depuis, l'or a été une valeur refuge, faisant partie des réserves monétaires de chaque banque centrale et qui suscite l'attrait des épargnants quand une crise ou période troublée est en vue. Comme son cours ne cessait de baisser globalement pendant les trente glorieuses tout en gardant dans le grand public l'image d'un placement sûr, le ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing lança un emprunt d'État indexé sur l'or, qui fut rapidement souscrit. Le hasard fit surgir la crise pétrolière de 1973 avant que cet emprunt n'ait été totalement remboursé - le remboursement se faisait par tirage au sort - et certains épargnants touchèrent ainsi plus de trois fois leur mise hors inflation !
Les différentes utilisations, industrielles, monétaires, et sa rareté en font un placement dont la valeur n'est pas susceptible de s'effondrer. Cette fonction refuge reste tout au plus altérée par une tendance globalement baissière du cours de l'or pendant certaines périodes… sans doute jusqu'à la prochaine crise géante. Néanmoins, on observe que le cours du lingot d'or à Paris a doublé entre janvier 1999 et septembre 2007 (de 8017€ à 16224€ environ - source : Banque de France). La tendance est d'ailleurs nettement haussière depuis mi-2005.
Les réserves de change permettent aux banques centrales d'intervenir sur les cours des monnaies en vendant ou en achetant des devises. Ces interventions peuvent être sous la forme d'or mais également d'investissement à court terme ou en devises étrangères.
Différentes pièces de monnaie furent uniquement frappées en or : l'aureus romain par exemple. Certaines comme les pièces de 20 Reich Mark ou les 10 et 20 francs Napoléon sont cotées en bourse.
Il a existé jusqu'au début du XXe siècle un droit nommé droit de bullion selon lequel tout particulier possédant de l'or avait le droit de l'apporter à la banque de France pour le faire fondre en pièces de monnaies frappées du sceau de l'État. Ce droit ne fut plus guère utilisé à partir de 1914, année où l'inflation apparut de façon durable.
L'or est échangé sur le marché des métaux précieux, principalement sur les places de New York, Londres, Zurich et Hong-Kong. Il est coté en once (troy ounce) (1 once = 31.1034768 g) et en dollars américains. Début 2004, le cours s'élevait à environ 400$ (300 euros) contre 300$ en 2001, et 600$ en 2005 ce qui représente une appréciation de 50 % en l'espace de 30 mois, l'UBS prévoit une hausse de 200$ entre 2006 et 2009 soit plus de 800$, Jim Rogers (Quantum Fund « Soros ») parle lui de plus de 1000$ en 2007, et G.A.T.A. de 3000$ en 2012. En janvier 2008, la faiblesse du dollar et les tensions géopolitiques consécutives à l'assassinat de Benazir Bhutto ont amené les cours de l'or à pulvériser leur record historique (850 dollars l'once en janvier 1980, suite aux événements d'Iran et d'Afghanistan).
Il existe différents types de lingots suivant les pays. Sur le marché de gros de Londres, le London Bullion Market, qui est l'un des tous premiers marchés au monde pour la négociation physique d'or et d'argent, l'unité de négociation est le lingot monétaire de 400 onces troy, environ 12,5 kilos.
Sur les marchés nationaux dits « de détail », on peut trouver des lingots de différentes tailles. En Europe continentale, le lingot d'un kilogramme est le plus souvent utilisé, et lorsque le pays possède encore un marché de l’or national, la barre d’un kilo est cotée. En France, l'or n'est plus coté en Bourse depuis 2004. À la Bourse de Luxembourg par exemple, le lingot d'un kilo est quotidiennement coté en euros. Mais on peut aussi trouver des lingots de 500 grammes, 250 grammes, etc. Les plus petits des lingots sont appelés lingotins.
Le comportement du prix de l'or est lié notamment aux anticipations d'inflation par le marché financier. Alan Greenspan (ex-président de la FED) aurait centré sa politique monétaire (Forbes) sur le contrôle du prix de l'or. Des investisseurs et opérateurs de marché auraient remarqué au fil du temps des anomalies de comportement du marché de l'or et de l'argent métal, sous forme de swaps interbancaires, double comptabilité du même stock d'or de la banque, carry trade important, promesses intenables, etc. Ils ont monté un groupe dénommé GATA, qui se présente comme s'opposant au "trust de l'or", lequel aurait d'ailleurs perdu du terrain avec le départ de Greenspan.
Les ventes d'or réalisées dans l'Union européenne par les contribuables français sont soumises à une taxe forfaitaire de 7,5 % (article 150 V bis du code général des impôts). Cette taxe, instituée en 1976, a causé la fermeture du marché français de l'or, au bénéfice de la place financière de Londres. Suite à la loi de finances rectificative 2005 du 30 décembre 2005, les plus-values peuvent désormais être imposées selon un régime proche du droit commun (sans abattement). Les Français non résident en France ne doivent pas payer cette taxe.
L'or pur a été utilisé dans certains bijoux asiatiques, qui ont donc la particularité d'être déformables (ce qui oblige à se limiter à des formes simples : bracelets en torsades, par exemple.)
Il reste cependant peu utilisé en bijouterie ; afin d'obtenir une meilleure tenue mécanique ainsi que des couleurs originales, il est allié :
En orfèvrerie, l'argent recouvert d'or s'appelle le vermeil.
L'or est ainsi utilisé pour créer des bijoux, des médailles, des objets de luxe (montre, stylo).
Il peut également être utilisé sous forme de feuilles pour dorer les boiseries, les livres, les ferronneries par un procédé de dorure ; ainsi que les bonbons en chocolat en occident et les gâteaux en Inde.
Le pourcentage d'or dans le métal s'appelle le titre. Depuis très longtemps, il peut faire l'objet d'une garantie (de l'État actuellement) grâce à un poinçon qui indique le titre de l'alliage utilisé. Les orfèvres l'évaluent grossièrement grâce à la pierre de touche.
En France, le marquage des bijoux en or est obligatoire depuis le 9 novembre 1797 par l'apposition de poinçons (sauf si l'objet est trop petit pour recevoir le poinçon). Deux poinçons sont utilisés : le premier, appelé « poinçon d'État », indique le titre ; le second est celui du fabriquant, il est appelé « poinçon de Maître ». Le poinçon actuel est une tête d'aigle pour l'or massif.
Les carats correspondent au pourcentage massique d'or compris dans le métal.
| Carats | 24 | 22 | 20 | 18 | 16 | 14 | 12 | 10 | 8 | 6 | 4 | 2 | 0 |
| % or | 100 | 91,67 | 83,34 | 75,01 | 66,68 | 58,35 | 50,02 | 41,69 | 33,36 | 25,03 | 16,7 | 8,37 | 0 |
On peut aussi parler de millièmes. À partir des mesures ci-dessus, on pourrait parler d'or à 1000 millièmes, 917 millièmes, 833 millièmes, 750 millièmes…
De nos jours, l'or est fréquemment utilisé dans les hautes technologies, à cause de son inaltérabilité et de sa bonne conductivité électrique. Il est utilisé par exemple en électronique, afin de réaliser des contacts électriques inoxydables.
Il est également utilisé pour opacifier des organes optiques dans le cadre de technologies spatiales, et comme catalyseur dans des piles à combustible.
L'or a été - et reste, pour qui accepte de faire face à la dépense - un substitut nettement supérieur aux amalgames pour les collusions dentaires, mais demande l'emploi d'une technique différente des classiques « plombages » : ce sont les inlays.
En médecine, certains dérivés organiques de l'or, dits « sels d'or » sont parfois utilisés dans le traitement de certaines affections en rhumatologie.
L'or pur est inaltérable. C'est vraisemblablement cela qui en fait un métal si prisé, plus que sa rareté. Cela lui a aussi donné une grande charge symbolique, dès sa découverte par l'homme. Inaltérable, comme les dieux sont éternels, éclatant comme le soleil (d'ailleurs son nom vient du latin aurum, signifiant aussi aurore). L'or symbolise ainsi le pouvoir et le divin.
Dans de nombreuses civilisations (pourtant sans connexion) l'or fut le symbole du divin par excellence. Cela peut s'expliquer notamment par deux propriétés qu'il possède,
Les Égyptiens de l'antiquité, qui avaient un intérêt quasi obsessionnel de l'éternité, donnaient à l'or des propriétés divines en le définissant comme la chair des dieux. C'est en or que l'on confectionnait les masques funéraires qui avaient pour but de fixer à jamais le visage idéalisé du pharaon et de l'identifier aux étoiles. Le masque d'or du pharaon Toutankhamon est fait de 11 kilogrammes d'or massif et on estime avoir retrouvé dans son tombeau (l'un des plus petits de la vallée des Rois) plus d'une tonne d'or pur. Le Bouddha d'or de Bangkok mesure plus de 3 mètres de haut pour 5,5 tonnes. C'est la plus grande statue d'or massif du monde.
Dans la Livre de l'Exode, le veau d'or symbolise l'idolâtrie. Néanmoins, l'or est aussi utilisé pour de nombreux objets cultuels du Temple de Jérusalem : menorah, coupes, arche d'alliance… Dans le Nouveau Testament, les mages venus d'orient apportent de l'or à Jésus. Dans le livre de l'Apocalypse, le Christ apparait à Jean entouré de sept chandeliers d'or et un ange verse de l'encens avec une pelle en or. L'or est donc, dans les cultures juives et chrétiennes,le métal qui souligne la dignité de la divinité. Dans l'art religieux, les saints et les anges ont souvent leurs têtes entourées d'or sous la forme du nimbe. L'or symbolise aussi la lumière de Dieu, et donc sa présence, dans l'art de l'icône et dans beaucoup d'œuvres d'art chrétiennes occidentales où il occupe les fonds (mosaiques de Ravennes, de Parlerme…).
En héraldique, l'or est l'un des deux métaux (l'autre étant l'argent) - représenté par la couleur jaune, ou par un semis de points en version monochrome.