Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon (Dijon, 1396 - Bruges, 1467), prince français de la troisième branche bourguignonne de la dynastie capétienne et duc de Bourgogne et des Pays-Bas bourguignons de 1419 à 1467 et autres titres.
Il est le fils unique du duc de Bourgogne Jean sans Peur et le père du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui lui succédera.
[modifier] Chronologie de sa vie
- Philippe III de Bourgogne devient duc de Bourgogne le 10 septembre 1419, à la mort de son père, Jean sans Peur, poignardé sur ordre de son ennemi, le dauphin Charles (futur roi Charles VII de France). Il décide, lors d'une rencontre du 25 décembre 1420, de maintenir l'alliance avec l'Angleterre contre les rois de France afin de venger le meurtre de son père Jean sans Peur avec l'aide du roi Henri V d'Angleterre. Le duc de Bourgogne Philippe Le Bon, le roi Charles VI de France et le roi Henri V d'Angleterre forment une triple alliance contre le dauphin (le futur Charles VII), dont ils mettent la légitimité en cause (il serait né d'une liaison de sa mère, Isabeau de Bavière, avec Louis d'Orléans, frère du roi de France Charles VI). Tous trois signent le traité de Troyes le 21 mai 1420, dans la cathédrale de Troyes. Le 2 juin, dans la même cathédrale, Henri V d'Angleterre épouse Catherine de Valois , fille légitime de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière. Il est convenu qu'après la mort de Charles VI de France, Henri V d'Angleterre deviendra roi de France par son mariage avec la seule héritière légitime du trône de France.
- Philippe le Bon contribue à faire modifier le Palais des ducs de Bourgogne de Dijon par une façade flamboyante, des logis ducaux, une grande salle des festins et des cuisines ducales de 30 cuisiniers.
- 1435: Ouverture à Arras de discussion sur la fin de la Guerre de Cent Ans et le rétablissement de la paix entre la France et l'Angleterre. Sont présents les rois d'Angleterre, du Portugal, de Pologne, de Sicile, d'Écosse, le duc Philippe le Bon et son épouse Isabelle de Portugal. Le chancelier Nicolas Rolin, fondateur des Hospices de Beaune, est l'âme et le cerveau de ces négociations. Les Anglais refusent l'annulation du traité de Troyes et quittent la négociation. La paix d'Arras est signée le 20 septembre 1435. Charles VII de France fait amende honorable pour le meurtre de Jean sans Peur et jure de punir les coupables. Charles VII confirme les territoires conquis par Philippe le Bon avec l'aide des Anglais. Les Anglais, furieux, menacent Philippe le Bon. En retour, celui-ci tente de reprendre Calais, mais le siège ayant tourné au désastre pour ses troupes, Philippe le Bon se retire en Flandre.
- 1437: Révolte de Bruges contre Philippe le Bon, qui faillit y laisser la vie. Bruges est réduit avec l'aide des villes de Gand et d'Ypres.
- À ce moment, Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon, est le plus puissant prince de la chrétienté et le duché de Bourgogne est au faîte de sa puissance.
- Début septembre 1456: le dauphin Louis (le futur Louis XI) passe en Bourgogne pour s'y mettre à l'abri de la vindicte de son père. Rencontrant Philippe le Bon à Bruxelles le 15 octobre, il lui demande asile. Philippe lui alloue le château de Genappe comme résidence, ainsi qu'une pension annuelle de 36 000 puis 48 000 livres. Commentaire (prémonitoire) de Charles VII : "Mon cousin de Bourgogne a donné asile à un renard qui, un jour, lui dévorera ses poules". Le dauphin de France restera à Genappe jusqu'à la mort de son père qu'il apprendra le 25 juillet 1461.
[modifier] Caractère
- Effrayant lors de ses colères, mais pardonnant vite, aimant la bonne chère, grand amateur de maîtresses (trente connues), il prenait le temps de la réflexion et s'entourait d'avis avant d'agir. Ainsi que le roi de France Jean II le Bon, Phillipe le Bon mérita son surnom non à cause de sa bonté, mais parce qu'il était "bon à manier l'épée".
- Le décès de son père provoqua chez lui une tristesse très profonde (les représentations le montrent quasiment toujours en pourpoint noir, signe de deuil) et un ressentiment certain contre la couronne de France, commanditaire de l'assassinat de son père Jean sans Peur.
[modifier] Mariages
[modifier] Enfants
[modifier] Légitimes
Agnès de Bourgogne, qu'il eut avec Michelle de Valois.
Seule Isabelle du Portugal lui donna une descendance masculine:
- Antoine, mort quelques mois après sa naissance
- Josse, mort peu de temps après sa naissance
- Charles le Téméraire
[modifier] Illégitimes
- Antoine, dit le Grand Bâtard de Bourgogne, seigneur de Tournehem, né de Jeanne de Presle de Lizy ;
- Cornille, seigneur d'Elverdinge, de Vlamentinghe, de Neuve-Église et de Pierrefort, capitaine et gouverneur général de Luxembourg ;
- Marie de Bourgogne née vers 1426 de Jeanne Chastellain (on dit aussi de Jeanne Presle de Lizy). Elle épousa par contrat de Mariage le 17 septembre 1447 suivi d'un traité passé à Bruxelles le 30 septembre 1448, Pierre de Bauffremont comte de Charny, chambellan de Philippe de Bourgogne. Elle mourut le 15 août 1475 ;
- Marguerite, morte vers 1455 ;
- David, né de Jeanne Chastellain, évêque de Thérouanne (depuis 1451), puis d'Utrecht (depuis 1456), né vers 1427, mort en 1496. Sa mère Jeanne Chastellain (de Castellana) dite de Bosquiel demoiselle de Quéry la Motte (Pas de Calais) épousa en 1442, Etienne de Bours dit Maillotin, gouverneur de Gorgues et de Dunkerque (+ 1450). Elle mourut le 14 juillet 1462 ;
- Anne (° v.1435 - † 1508), gouvernante de Marie de Bourgogne, épouse 1°) Adrien de Brosse; 2°) Adolphe de Clèves-Ravenstein ;
- Raphaël de Mercatel (° v.1437 - † 1508), abbé de Saint-Bavon de Gand et de Saint-Pierre d'Oudenburg, fils de Marie de Belleval ;
- Baudouin (° v.1446 - †1508), seigneur de Fallais, Peer, Baudour, Sainte-Anne, Lovendegem, Zomergem et Fromont ;
- Philippe, Évêque d'Utrecht (depuis 1517), né 1464, mort en 1524.
[modifier] Mécène
- Grand amateur d'art, Philippe le Bon encouragea les sculpteurs et surtout les peintres.
[modifier] Les sculpteurs
[modifier] Les peintres
[modifier] Les musiciens
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
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[modifier] Bibliographie
- Bonenfant, P., Philippe le Bon, Bruxelles, 1944, 2e éd.
- Bourassin, E., Philippe le Bon, Taillandier, 1983.
- Vaughan. R., Philip the Good: The Apogee of Burgundy, Londres, 1970.
- Paviot jacques, Emblématique de la maison de Bourgogne sous Philippe le Bon (1419-1467), Actes du colloque Héraldique, sigillographie et sociétés savantes, page 11 (lire l'article en ligne)
[modifier] Notes et références