Un pygmée (du grec πυγμαιος, pygmaios, haut d'une coudée) est d'une façon générale un homme de petite taille, entre autres exemples un nain ou un manchot pygmée. Pygmoïdes est un terme anthropologique qui désigne certaines ethnies d'humains d'Afrique ou d'Asie de petite taille.
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Les Grecs ont appelé Pygmée des êtres, probablement fantastiques, hauts d'environ 70 cm et vivant aux alentours de l'Inde. Pline, dans son Histoire naturelle, fait le récit d'une rencontre avec ces Pygmées. Aristote mentionna l'existence de tels êtres, supposés habiter dans des grottes souterraines. Pygmée était aussi une divinité que les Carthaginois représentaient à la proue de leurs navires pour effrayer leurs ennemis. [1]
D'un point de vue anthropologique, un Pygmée est un membre des tribus chasseresses vivant dans les forêts équatoriales africaines ou asiatiques, caractérisés par leur petite taille, moins de 1,50 mètre en moyenne. On retrouve des Pygmées en Afrique centrale, et également quelques-uns en Asie du Sud-Est (Négritos).
Les Pygmées sont des êtres humains de petite taille. C'est une adaptation aux conditions environnementales et au climat, essentiellement due à leur régime alimentaire. Le groupe le mieux suivi est celui des Mbuti de la forêt d'Ituri (en République démocratique du Congo), qui a été étudié par l'anthropologue britannique Colin Turnbull[2]. Le terme Bayaka est également utilisé pour désigner les Pygmées, terme qui se réfère au peuple plus qu'à sa taille.
Entre autres groupes, on trouve les Aka, les BaBenzl, les Baka, les Binga, les Efé et les Twa. Les pygmées et les bantous auraient une origine commune ancienne de 70 000 ans selon l'étude de l'ADN mitochondrial[3].
Dans la grande forêt équatoriale, en Afrique centrale (République démocratique du Congo et République centrafricaine), 50 000 pygmées conservent un mode de vie nomade à base de cueillette et de chasse comme à la fin du paléolithique : ils ne pratiquent ni la culture ni l'élevage.
Jour et nuit, de petits feux couvent sous leurs huttes, les lobembes, qui constituent le campement temporaire pour des bivouacs provisoires, toujours près d'un ruisseau et sous des arbres atteignant 50 mètres, ou les mongulus d'occupation plus longue. Conçu pour une famille, chaque campement comprend des logis pour les ménages et d'autres destinés aux célibataires. Jeunes gens et jeunes filles vivent séparés. Œuvres des femmes, les huttes tiennent leur rigidité d'un treillis de branchettes ancré en terre et arqué de force en forme de tonnelle. Cet assemblage élastique peut supporter le poids de la femme qui pose des feuilles de marantacées comme des tuiles, agrafées par leurs pétioles incisés. Des lames d'écorce servent de matelas. La fumée stagnante préserve les hommes des insectes, les vivres et objets usuels du pourrissement.
Les Pygmées ne se lèvent pas avant le jour. Après une journée de chasse, ils font la grasse matinée. Habitués aux horizons bouchés, les Pygmées sont généralement à l'aise lorsqu'ils jouissent d'une vue dominante, perchés sur un promontoire; leur faculté d'orientation dans la forêt obscure fait l'envie de leurs voisins, les Bantous. Faute de visibilité à travers la végétation impénétrable, c'est souvent à l'ouïe que les Pygmées localisent le gibier. Il est rare de voir des Pygmées sur les cours d'eau, car ils ne fabriquent pas d'embarcations.
Les pygmées jouent de la musique avec un instrument ressemblant à un peigne à vibrations que l'on retrouve sous des noms variés, dans diverses régions d'Afrique.
Les populations pygmées d'Afrique connaissent des changements dans leur mode de vie traditionnel. De nombreuses tribus pygmées quittent aujourd'hui le milieu forestier, pour se sédentariser ou gagner les milieux citadins, et parfois chassées par l'exploitation forestière. Faute de papiers d'identité qui ne leur ont pas été délivrés à la naissance pour cause de refus d'enregistrement, ils n'ont pas la possibilité d'accéder aux soins de base. L'éducation, le travail, la justice sont également d'accès difficile ou impossibles pour les ethnies pygmées.
Aucun pays africain concerné n'est signataire de la Convention numéro 169 de l'Organisation internationale du travail relative aux peuples indigènes et tribaux. Si les États intéressés venaient à ratifier ledit texte, ils s'engageraient alors à reconnaître comme autochtone le peuple pygmée.
Dans le cadre du processus de reconnaissance des droits des "Pygmées", la République du Congo a organisé du 10 au 15 avril 2007, le premier Forum International des Peuples Autochtones des forêts d'Afrique Centrale (FIPAC). Cet événement a réuni à Impfondo (département de la Likouala), délégués autochtones, représentants étatiques et institutions internationales venus de tous les pays de la sous région. Au terme des travaux, des projets de déclaration et de plan d'action ont été élaborés.
Il ne sont aujourd'hui plus que 50 000 en République Démocratique Du Congo